Présentation
"Ecrivains sans talent" se propose, grâce à la formidable puissance de l'Internet, de mettre à la disposition du plus grand nombre des textes écrits par des auteurs qui, bien que médiocres, revendiquent haut et fort le droit d'être lus.
"Ecrivains sans talent" se propose, grâce à la formidable puissance de l'Internet, de mettre à la disposition du plus grand nombre des textes écrits par des auteurs qui, bien que médiocres, revendiquent haut et fort le droit d'être lus.
Roger avait trouvé un moyen de faire des économies substantielles : plutôt que d’acheter un briquet, ou même des allumettes, il allumait sa cigarettes avec le mégot de la précédente.
Avec l’argent ainsi mis de côté, ses amis ont pu lui offrir un magnifique cercueil, tout en acajou.
Roger aimait traîner dans le rayon « couche culottes » du supermarché. Non pas que la puériculture fut chez lui une passion. Il n’aimait pas les enfants, et tout particulièrement les nourrissons, qu’il accusait de pousser des cris inhumains sans justification valable.
En fait, Roger guettait la mère célibataire esseulée, fraîchement délaissée par un mari indigne, perdue dans la jungle immense et sans merci de la grande consommation. Une fois identifiée, Roger fondait sur sa proie. Doué d’une force de persuasion sans pareil, il arrivait à la convaincre de le laisser payer la note, puis de porter les sacs jusqu'à la voiture, de ranger les courses dans le coffre.
Parfois, lorsque le véhicule s’en allait, un bras passait par la vitre baissée, en un signe d’adieu et de remerciement confondu. Et Roger souriait, tout en se disant que, décidément, quelque chose lui échappait encore dans cette histoire.
Après plusieurs heures de vol, l’arrière train endommagé, j’arrive finalement sur une aire plane, striée de noir et blanc. Ici, semble t il, je n’ai plus rien à craindre. L’endroit est calme et tranche avec la furie des combats que je viens de vivre. On a beau savoir qu’à chaque sortie, on risque de ne pas revenir, on y va quand même, c’est plus fort que tout. D’ailleurs, ai-je vraiment le choix ? Si je veux nourrir correctement mes enfants, il n’y a pas d’autre solution que d’aller recueillir, là où il se trouve, le précieux liquide rouge. D’habitude, je ne rencontre aucun problème. J’agis discrètement, à la faveur de la nuit, lorsque la vigilance de chacun s’est relâchée. Aujourd’hui, manque de chance, je suis tombé sur un insomniaque. Mais rien ne sert de se lamenter ! Allons, courage ! Tout n’est pas perdu. Après avoir pris un peu de repos, il me sera sans doute possible de rentrer. Ce ne sera pas facile, mais j’ai bon espoir.
***
Mathilde s’apprête à tourner la page de son livre lorsqu’elle aperçoit, à l’angle du feuillet, un misérable moustique avançant avec difficulté, et laissant derrière lui une fine traînée de sang. Voilà donc la sale bête qui l’avait piquée, cette nuit, alors qu’elle cherchait en vain le sommeil ! Pourtant, elle pensait l’avoir écrasé, à l’issue d’une lutte acharnée. Elle s’était trompée. Mais cette fois-ci, elle ne lui laisserait aucune chance.
Alors, d’un geste violent et rapide qui trahit à la fois sa haine et sa jubilation, elle referme lourdement son volume sur l’insecte nuisible.